Quel est le saint patron des mourants ? Saint Benoît et saint Joseph
Saint Benoît, mort debout après le viatique, et saint Joseph, mort entre Jésus et Marie, sont les patrons des mourants : pourquoi eux, comment les prier.

Le saint patron des mourants est saint Benoît de Nursie, le père des moines d'Occident, qui mourut debout dans son oratoire, soutenu par ses frères, après avoir reçu le Corps du Christ. L'Église lui associe saint Joseph, mort à Nazareth entre Jésus et Marie, que Benoît XV a recommandé en 1920 comme « le plus puissant secours des mourants ». Deux morts exemplaires, pour obtenir la nôtre.
En bref
Patrons : saint Benoît (fête le 11 juillet) et saint Joseph (19 mars) · Aussi invoqués : saint Camille de Lellis (14 juillet), sainte Barbe (contre la mort subite), saint Michel (le passage) · Depuis : la médaille de saint Benoît (approuvée en 1742) ; Bonum sane de Benoît XV (25 juillet 1920) pour Joseph · Attributs : la coupe brisée et le corbeau (Benoît) ; le lis et le bâton fleuri (Joseph)
Pourquoi saint Benoît ?#
Saint Grégoire le Grand raconte sa mort au livre II des Dialogues. Six jours avant, Benoît fait ouvrir son tombeau. Le jour venu, il se fait porter à l'oratoire, reçoit le Corps et le Sang du Seigneur, puis, « soutenu par ses disciples, il se tint debout, les mains levées vers le ciel, et rendit le dernier souffle au milieu des paroles de la prière ». Deux moines voient alors une route de lumière monter de sa cellule vers le ciel. Une mort annoncée, sacramentelle, debout, en priant, entouré : tout ce que l'on demande.
De là vient la prière gravée sur le pourtour de la médaille de saint Benoît : Eius in obitu nostro praesentia muniamur, « qu'à notre mort nous soyons fortifiés par sa présence ». Depuis Benoît XIV, qui approuva la médaille en 1742, on la glisse dans la main des agonisants ; et Benoît, qui déjoua deux empoisonnements d'un signe de croix, protège des ruses de l'ennemi qui redouble à la dernière heure.
Pourquoi saint Joseph ?#
Joseph disparaît de l'Évangile avant la vie publique de Jésus ; l'Église en conclut qu'il est mort à Nazareth, et la tradition le fait s'éteindre entre Jésus et Marie. Nul n'est mort mieux accompagné. Benoît XV, dans le motu proprio Bonum sane (1920), l'écrit : « à juste titre on le tient pour le plus puissant secours des mourants, lui que Jésus et Marie ont assisté à sa mort », et il encourage les confréries de la Bonne Mort placées sous son nom. C'est pourquoi la prière la plus simple des agonisants est : « Jésus, Marie, Joseph, assistez-moi dans ma dernière agonie. »
Les autres patrons des mourants#
Saint Camille de Lellis (1550-1614), fondateur des Ministres des infirmes, qui firent vœu de servir les malades jusque dans les épidémies, est avec saint Jean de Dieu le patron des malades, des hôpitaux et des infirmiers ; les Camilliens veillent encore les mourants. Sainte Barbe préserve de la mort subite, qui prive des sacrements. Saint Michel, dans la liturgie des défunts, conduit les âmes « dans la sainte lumière ». Et la Vierge Marie, à chaque Je vous salue Marie : « priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort ».
Comment on les prie#
Auprès d'un mourant, l'Église propose trois sacrements : la confession, l'onction des malades et le viatique, la dernière communion « pour la route ». Le prêtre ajoute les prières de recommandation de l'âme : « Pars, âme chrétienne, de ce monde ». Les proches prient à voix basse — le chapelet, la prière à saint Joseph, l'invocation « Jésus, Marie, Joseph » — et placent la médaille de saint Benoît dans la main du malade.
Saint Benoît en bref#
Né à Nursie vers 480, étudiant à Rome puis ermite à Subiaco, fondateur du Mont-Cassin vers 529 et auteur de la Règle qui a façonné le monachisme d'Occident. Mort le 21 mars 547 selon la tradition. Patron de l'Europe depuis Paul VI (1964), fêté le 11 juillet.
Saint Joseph en bref#
Charpentier de Nazareth, époux de Marie, père nourricier de Jésus, mort entre eux deux. Patron de l'Église universelle (1870), des travailleurs, des pères et des mourants. Fêté le 19 mars et le 1er mai. Lire sa vie.
Ce que ce patronage nous apprend#
Que l'on meurt comme on a vécu, et qu'une bonne mort se prépare : Benoît et Joseph sont morts en priant parce qu'ils avaient prié toute leur vie. Les invoquer pour un mourant, c'est demander pour lui ce que Dieu leur a donné — la lucidité, les sacrements, et une main dans la sienne.
Articles connexes#
- Saint Joseph, le charpentier silencieux — la vie du second patron des mourants.
- Prière à saint Joseph (« À vous, bienheureux Joseph ») — la prière de Léon XIII, à dire aussi pour un mourant.
- Qu'est-ce qu'un saint patron ? — d'où vient l'idée de confier une cause à un saint.
- Saints patrons de A à Z — toutes les causes et situations.
Sources#
- Benoît XV, motu proprio Bonum sane (25 juillet 1920)
- Paul VI, Pacis nuntius : saint Benoît patron de l'Europe (1964)
- Benoît de Nursie — Wikipédia
- Médaille de saint Benoît — Wikipédia
Questions fréquentes#
Qui est le saint patron des mourants ?
Saint Benoît de Nursie, mort debout dans son oratoire après avoir reçu le viatique, et saint Joseph, mort entre Jésus et Marie. On invoque aussi saint Camille de Lellis, sainte Barbe et saint Michel.
Pourquoi saint Benoît est-il le patron des mourants ?
Parce que sa mort, racontée par saint Grégoire le Grand, est un modèle : il l'annonce six jours avant, communie, et meurt debout en priant, soutenu par ses moines. La médaille de saint Benoît demande « sa présence à l'heure de notre mort ».
Que faire auprès d'un mourant ?
Appeler un prêtre pour la confession, l'onction des malades et le viatique ; prier avec lui, à voix basse, le « Je vous salue Marie », le « Jésus, Marie, Joseph » et les prières des agonisants ; ne pas le laisser seul.