Tours : la basilique et le tombeau de saint Martin

Le tombeau de saint Martin à Tours : seize siècles de pèlerinage, la basilique détruite à la Révolution, le tombeau retrouvé en 1860, la crypte d'aujourd'hui.

Romain Croisade 4 min

Tours : la basilique et le tombeau de saint Martin

Pendant tout le Moyen Âge, le tombeau de saint Martin de Tours fut le premier pèlerinage de Gaule, avant Rome et Compostelle pour bien des Francs. Rois, malades et pèlerins y affluaient. Pillée, rasée, presque oubliée, la tombe a été retrouvée en 1860 : on y descend toujours, dans la crypte d'une basilique rebâtie pour elle.

Fiche

Où : Tours (Indre-et-Loire, Touraine), archidiocèse de Tours · Dédié à : saint Martin, évêque de Tours · Depuis : 397 (sépulture du saint) · Grandes dates : 11 novembre (fête), 4 juillet (Saint-Martin d'été) · À voir : la crypte et le tombeau, la basilique de Victor Laloux, les tours Charlemagne et de l'Horloge, vestiges de l'ancienne basilique

Le saint à l'origine#

Évêque de Tours de 371 à sa mort, Martin meurt à Candes, sur la Loire, le 8 novembre 397. Les Tourangeaux ramènent son corps par le fleuve et l'ensevelissent le 11 novembre dans un cimetière hors des murs. Son successeur, saint Brice, élève une petite chapelle sur la tombe. Les miracles s'y multiplient, et la Vie écrite par son ami Sulpice Sévère répand son nom dans toute la chrétienté. Martin devient le patron des Francs et l'un des grands saints de France.

Histoire du lieu#

Vers 470, l'évêque Perpetuus bâtit une vaste basilique sur le tombeau. En 508, au retour de sa victoire de Vouillé, Clovis vient y rendre grâce et y reçoit les insignes consulaires envoyés par l'empereur. Saint Grégoire de Tours, évêque au VIe siècle, consigne des centaines de guérisons obtenues au tombeau. Autour de l'église naît une ville, Châteauneuf ; une collégiale puissante, dont les rois de France sont abbés laïcs, la gouverne. Aux XIe-XIIIe siècles s'élève une immense église romane puis gothique, étape majeure de la route de Compostelle.

Puis viennent les ruines. En 1562, les huguenots pillent la basilique et brûlent les reliques ; quelques fragments seulement sont sauvés. À la Révolution, l'église sert d'écurie, ses voûtes s'effondrent en 1797 et elle est démolie en 1802 ; deux rues sont percées à travers la nef. Il ne reste que deux tours. En 1860, à l'instigation de Léon Papin-Dupont, le « saint homme de Tours », des fouilles retrouvent le 14 décembre l'emplacement du tombeau. La nouvelle basilique, dessinée par Victor Laloux, est bâtie de 1886 à 1902 et consacrée le 4 juillet 1925.

Ce qu'on y trouve#

La crypte est le cœur du sanctuaire : le tombeau, à sa place d'origine, entouré de milliers d'ex-voto de marbre gravés de « merci à saint Martin », dont beaucoup laissés par des soldats de la Grande Guerre. On y vénère les fragments de reliques sauvés en 1562. La basilique, néo-byzantine, est couronnée d'une coupole que domine une statue du saint bénissant la ville. Dans les rues voisines se dressent la tour Charlemagne et la tour de l'Horloge, seuls restes de l'ancienne basilique, qui laissent deviner ses dimensions.

Le pèlerinage#

On vient à Tours confier à Martin ceux qui ont froid, faim ou qui sont seuls : le pèlerinage de l'homme au manteau partagé est inséparable de la charité. Le temps fort est la Saint-Martin, le 11 novembre : messe solennelle, procession, veillée au tombeau. Le 4 juillet, la Saint-Martin d'été fait mémoire de son ordination épiscopale et de la translation de ses reliques. Saint Jean-Paul II y a prié le 21 septembre 1996, pour le 1 600e anniversaire de sa mort. Devant le tombeau, on récite la prière à saint Martin. Le chemin européen Via Sancti Martini relie Szombathely, sa ville natale, à Tours.

Pratique#

Tours est à environ une heure de Paris en TGV. La basilique se trouve dans la vieille ville, à quelques minutes à pied de la place Plumereau. Pour un pèlerinage complet sur les pas du saint : Marmoutier, sur l'autre rive de la Loire, où il vivait en moine ; Candes-Saint-Martin, à une cinquantaine de kilomètres en aval, où il est mort ; et, plus au sud, Ligugé, près de Poitiers, son premier monastère.

Articles connexes#

Sources#

Questions fréquentes#

Où est le tombeau de saint Martin ?

À Tours, dans la crypte de la basilique Saint-Martin, au cœur de la vieille ville. Le tombeau est à l'emplacement exact où il fut enseveli le 11 novembre 397, retrouvé lors de fouilles en 1860.

Reste-t-il des reliques de saint Martin ?

Peu : les protestants brûlèrent l'essentiel de ses restes en 1562. Quelques fragments, sauvés par des fidèles, sont conservés et vénérés à la basilique.

Quand aller en pèlerinage à Tours ?

Autour du 11 novembre, jour de sa fête et de ses funérailles, ou le 4 juillet, la « Saint-Martin d'été », anniversaire de son ordination et de la translation de ses reliques.

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