Saint Martin de Tours, le manteau partagé
Soldat, ermite, évêque de Tours au IVe siècle : vie, fête (11 novembre), attributs, patronage et culte de saint Martin, le saint le plus populaire de France.
Mis à jour le 15 septembre 2026

Né en Pannonie, l'actuelle Hongrie, vers 316, fils d'un officier romain, Martin est soldat dans la garde impériale quand, aux portes d'Amiens, par un hiver glacial, il coupe son manteau en deux pour en couvrir un pauvre. La nuit suivante, il voit en songe le Christ vêtu de cette moitié de manteau. Le geste a traversé seize siècles : il reste l'image même de la charité.
Fiche
Fête : 11 novembre · Vécu : Sabaria (Pannonie), vers 316 – Candes, 8 novembre 397 · Statut : évêque, confesseur, fondateur du premier monastère de Gaule · Attributs : le manteau partagé, le cheval, l'oie, la crosse · Patron de : soldats, cavaliers, tailleurs, Tours, la France (avec d'autres) · Prénoms : Martin, Martine, Martial, Martina
Le soldat d'Amiens#
Catéchumène dès l'enfance contre l'avis de ses parents païens, Martin est enrôlé de force à quinze ans, comme fils d'officier. C'est à Amiens, vers 337, qu'a lieu la scène du manteau. Baptisé peu après, il demande son congé : « Je suis soldat du Christ, il ne m'est pas permis de combattre. » Accusé de lâcheté, il propose d'aller au combat sans armes ; l'ennemi demande la paix le lendemain.
Le moine#
Martin rejoint saint Hilaire à Poitiers, retourne convertir sa mère en Pannonie, vit en ermite sur une île près de Gênes, puis revient. Vers 361, il fonde à Ligugé, près de Poitiers, le premier monastère de Gaule. Sa réputation de thaumaturge grandit : on raconte qu'il ressuscite un catéchumène mort sans baptême.
L'évêque de Tours#
En 371, les habitants de Tours l'attirent par ruse pour le faire évêque, contre l'avis de certains évêques qui le trouvent trop mal peigné. Il accepte, mais ne change pas de vie : il s'installe hors de la ville, à Marmoutier, dans une cellule de bois, avec des disciples. De là, pendant vingt-six ans, il parcourt les campagnes de Gaule, encore largement païennes, abat les sanctuaires, fonde des paroisses rurales — les premières — et défend les hérétiques priscillianistes contre la peine de mort, au risque de sa réputation.
La mort et le culte#
Martin meurt à Candes, sur la Loire, le 8 novembre 397, en réconciliant des clercs. Tours et Poitiers se disputent son corps ; les Tourangeaux l'emportent par le fleuve, et l'on dit que les arbres fleurirent sur son passage : c'est l'« été de la Saint-Martin ». Il est enseveli à Tours le 11 novembre. Sa tombe devient le plus grand pèlerinage de Gaule ; Clovis, puis les rois francs, gardent sa cappa, sa chape, comme relique nationale — le lieu où on la conservait s'appela capella, d'où le mot chapelle, et ceux qui la gardaient, les chapelains.
Histoire et tradition#
Martin est le premier saint non martyr à recevoir un culte public en Occident, et l'un des mieux documentés : son ami Sulpice Sévère écrit sa Vie dès avant sa mort. La scène du manteau, la fuite devant l'épiscopat, les miracles y sont racontés par un témoin. La tradition a ajouté l'oie, qui l'aurait trahi en criant quand il se cachait — d'où l'oie de la Saint-Martin sur les tables de novembre.
Saint Martin aujourd'hui#
À Tours, la basilique reconstruite au XIXe siècle abrite son tombeau, dans une crypte où les pèlerins descendent toujours ; à Candes, l'église marque le lieu de sa mort ; Ligugé et Marmoutier sont encore des monastères. Le 11 novembre, en Alsace, en Flandre, en Allemagne, les enfants défilent avec des lanternes. Quatre mille églises et près de deux cents communes de France portent son nom ; un chemin de Saint-Martin relie la Hongrie à Tours.
Ce que saint Martin nous apprend#
Que la charité commence par ce qu'on a sous la main. Martin n'a pas donné un manteau : il a donné la moitié qui lui appartenait, sur-le-champ, à un inconnu. « Ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait » : le songe de la nuit suivante n'est que la traduction de cette parole.
Articles connexes#
- Sainte Geneviève, la patronne de Paris — un siècle plus tard, une autre figure fondatrice de la France chrétienne.
- Saint Augustin, le cœur inquiet — son contemporain exact, évêque en Afrique.
- Saint Christophe, patron des voyageurs — comme Martin, un soldat devenu saint.
- La Toussaint, fête de tous les saints — dix jours avant la Saint-Martin.
- Tous les saints de A à Z — l'index des saints du site.
Sources#
- Sulpice Sévère, Vie de saint Martin (Wikisource)
- Basilique Saint-Martin de Tours
- Wikipédia — Martin de Tours
Questions fréquentes#
Quand fête-t-on saint Martin ?
Le 11 novembre, jour de ses funérailles à Tours en 397. En France, cette date coïncide avec l'Armistice de 1918, signé — ce n'est pas un hasard pour les contemporains — le jour du patron des soldats.
De quoi saint Martin est-il le patron ?
Des soldats, des cavaliers, des tailleurs et des drapiers, de la ville de Tours, et, avec d'autres, de la France. Plus de quatre mille églises et près de deux cents communes françaises portent son nom.
Pourquoi saint Martin a-t-il coupé son manteau en deux ?
Parce que la moitié seulement lui appartenait : l'autre revenait à l'armée qui l'avait fournie. Il a donné tout ce qu'il pouvait donner.