Lourdes 1858 : les dix-huit apparitions à Bernadette

Les dix-huit apparitions de la Vierge à Bernadette à Lourdes, du 11 février au 16 juillet 1858 : récit, messages, « Je suis l'Immaculée Conception ».

Romain Croisade 5 min

Lourdes 1858 : les dix-huit apparitions à Bernadette

Du 11 février au 16 juillet 1858, dans une grotte au bord du Gave de Pau, la Vierge Marie est apparue dix-huit fois à une petite fille pauvre de quatorze ans, Bernadette Soubirous. Ces apparitions, reconnues par l'Église, sont à l'origine de Lourdes, le plus grand sanctuaire marial de France.

Fiche

Lieu : grotte de Massabielle, Lourdes (Hautes-Pyrénées) · Voyante : Bernadette Soubirous · Dates : 11 février – 16 juillet 1858 · Nombre : 18 apparitions · Reconnaissance : 18 janvier 1862, Mgr Laurence, évêque de Tarbes · Fête : Notre-Dame de Lourdes, 11 février · Message : prière, pénitence, chapelle

Ce qu'on célèbre#

Le jeudi 11 février 1858, Bernadette ramasse du bois mort avec sa sœur et une amie près de la grotte de Massabielle, lieu isolé où l'on mène les porcs. Elle entend un bruit de vent et voit, dans la niche du rocher, « une petite demoiselle » vêtue de blanc, ceinte d'un ruban bleu, une rose d'or sur chaque pied et un chapelet au bras. Bernadette se signe et récite son chapelet ; la Dame le fait glisser avec elle, sans bouger les lèvres au Je vous salue Marie, mais en s'unissant au Gloire au Père. Bernadette dit toujours « Aquéro », « cela », en patois : elle n'a jamais prétendu savoir qui était la Dame.

Les dix-huit apparitions#

Les premiers jours (11-18 février). La Dame apparaît le 11, puis le 14 (Bernadette lui jette de l'eau bénite : elle sourit). Le 18, elle parle pour la première fois : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre. »

La quinzaine (18 février – 4 mars). Elle demande à Bernadette de revenir quinze jours de suite. La foule grandit : quelques personnes d'abord, puis des milliers. - le 24 février : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs » ; - le 25 février : « Allez boire à la source et vous y laver. » Bernadette gratte la terre, une eau boueuse apparaît, et la source se met à couler. Elle ne s'est jamais tarie ; - le 1er mars, première guérison reconnue : Catherine Latapie, dont la main paralysée est rendue à l'usage ; - le 2 mars : « Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle. »

Le nom de la Dame (25 mars). Après quinze jours sans apparition, Bernadette est poussée à retourner à la grotte, le jour de l'Annonciation. Elle demande plusieurs fois son nom à la Dame, qui lève les yeux au ciel, joint les mains et dit en patois : « Que soy era Immaculada Councepciou. » Bernadette répète ces mots tout le long du chemin pour les redire au curé, l'abbé Peyramale, qui en est bouleversé : ni elle ni lui ne pouvaient les avoir inventés.

Les dernières apparitions. Le 7 avril, Bernadette en extase tient une bougie dont la flamme lèche sa main sans la brûler, ce que constate le docteur Dozous. Le 16 juillet, fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, la grotte est interdite par des barrières : Bernadette prie de loin, depuis l'autre rive du Gave, et voit « plus belle que jamais » la Dame, qui n'apparaîtra plus.

D'où vient la fête#

Le 18 janvier 1862, Mgr Bertrand-Sévère Laurence, évêque de Tarbes, déclare que l'apparition de l'Immaculée Vierge Marie à Bernadette est digne de foi et autorise le culte à la grotte, après quatre ans d'enquête et d'interrogatoires. La fête de Notre-Dame de Lourdes, au 11 février, est étendue à l'Église universelle par saint Pie X en 1907. Elle coïncide depuis 1993 avec la Journée mondiale du malade, instituée par saint Jean-Paul II.

Ce qu'elle demande#

Le message est simple, et profondément évangélique : - prier, et d'abord le chapelet ; - faire pénitence, pour la conversion des pécheurs ; - venir en procession et construire une chapelle : un lieu où l'Église se rassemble ; - boire et se laver à la source, signe visible de la purification, qui n'est pas magique mais appelle la foi.

La Dame n'a rien dit de nouveau sur la foi : elle a rappelé l'essentiel, et confirmé par son nom le dogme de l'Immaculée Conception.

Idées reçues#

  • « Bernadette a inventé ou rêvé » : les enquêteurs civils et ecclésiastiques ont tenté de la prendre en défaut pendant des mois ; elle a toujours répété la même chose, avec une constance qui a convaincu les plus sceptiques, et refusé tout argent.
  • « L'Église oblige à y croire » : non. Comme pour toute révélation privée, elle reconnaît qu'il n'y a rien de contraire à la foi, et que le pèlerinage porte du fruit. Sur la manière dont l'Église en juge, voir Comment l'Église reconnaît une apparition.
  • « L'eau de la source guérit » : l'Église reconnaît des guérisons après examen médical rigoureux, mais c'est Dieu qui guérit, par l'intercession de Marie, dans la foi.

Ce que Lourdes nous apprend#

Marie choisit une enfant pauvre, malade, illettrée, et lui demande ce que l'Évangile demande à tous : prier, se convertir, aimer. Bernadette l'a vécu jusqu'au bout, cachée au couvent de Nevers, sans jamais tirer profit des apparitions ; on trouvera sa vie dans Sainte Bernadette Soubirous, de Lourdes à Nevers. Le nom que la Dame se donne rappelle que la grâce de Dieu précède tout mérite : Marie est « pleine de grâce » (Lc 1, 28), et c'est le Christ qu'elle nous montre.

Articles connexes#

Sources#

Questions fréquentes#

Combien y a-t-il eu d'apparitions à Lourdes ?

Dix-huit, du jeudi 11 février au vendredi 16 juillet 1858, toutes à Bernadette Soubirous, dans la grotte de Massabielle (la dernière, depuis la prairie en face, de l'autre côté du Gave).

Que signifie « Je suis l'Immaculée Conception » ?

Le 25 mars 1858, la Dame révèle son nom à Bernadette. Quatre ans plus tôt, en 1854, Pie IX avait défini le dogme : Marie a été préservée du péché originel dès sa conception. Bernadette ne connaissait pas ces mots.

Doit-on croire aux apparitions de Lourdes ?

L'Église les a reconnues dignes de foi le 18 janvier 1862 et en encourage le pèlerinage, mais une apparition privée, même reconnue, n'ajoute rien à la foi : chaque fidèle reste libre d'y adhérer.

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