Saint François d'Assise, le Poverello

Le Poverello, fondateur des franciscains, stigmatisé à l'Alverne, mort en 1226 : vie, fête (4 octobre), Cantique des créatures, attributs et patronages.

Romain Croisade 5 min

Saint François d'Assise, le Poverello

François d'Assise est né à Assise en 1181 ou 1182 et mort à la Portioncule le soir du 3 octobre 1226, à quarante-quatre ans. Fils d'un riche marchand de drap, il quitta tout pour épouser « Dame Pauvreté » et suivre le Christ à la lettre. Le Poverello, le « petit pauvre », fonda les frères mineurs, reçut les stigmates et fut canonisé moins de deux ans après sa mort. Huit siècles plus tard, il reste le saint que même ceux qui ne croient pas lui reconnaissent.

Fiche

Fête : 4 octobre · Vécu : 1181/82 (Assise) – 1226 (la Portioncule, près d'Assise) · Statut : diacre, fondateur des frères mineurs · Canonisé : 16 juillet 1228 par Grégoire IX · Attributs : les stigmates, l'habit brun à cordelière, le loup, les oiseaux, la crèche · Patron de : Italie, écologie, animaux, Assise · Prénoms : François, Françoise, Francis, Franck, Francesca

Le fils du marchand#

Il est baptisé Jean, mais son père, Pietro di Bernardone, de retour de France, l'appelle Francesco, « le Français ». Jeunesse brillante, riche, chevaleresque : il rêve de gloire. Fait prisonnier lors de la guerre contre Pérouse, puis rongé par la maladie, il sent que ce rêve sonne creux. Parti pour les Pouilles combattre, il entend en songe une question : « Qui peux-tu mieux servir, le maître ou le serviteur ? » Il rentre à Assise.

Le crucifix de Saint-Damien#

Vers 1205, dans la chapelle en ruine de Saint-Damien, le crucifix lui parle : « François, va et répare ma maison, qui tombe en ruine. » Il prend d'abord l'ordre au pied de la lettre, vend des draps de son père pour reconstruire l'église. Furieux, Pietro le traîne devant l'évêque. François se dépouille alors de ses vêtements et les rend : « Désormais je peux dire : Notre Père qui es aux cieux. » Il a compris que c'est l'Église vivante qu'il doit relever.

Les frères mineurs#

Des compagnons le rejoignent. Ils n'ont rien, travaillent de leurs mains, mendient au besoin, prêchent la paix et la pénitence. Vers 1209-1210, le pape Innocent III approuve oralement leur forme de vie, fondée sur l'Évangile ; la Règle définitive est confirmée par Honorius III en 1223. En 1212, Claire quitte la maison de ses parents pour suivre François : ce sera l'ordre des Pauvres Dames, les clarisses. Son grand disciple saint Antoine de Padoue porta l'esprit franciscain par la prédication et la science.

Devant le sultan et à Greccio#

En 1219, pendant la cinquième croisade, François passe devant le camp de Damiette et s'en va, désarmé, rencontrer le sultan al-Kâmil. Il n'obtient ni le martyre ni la conversion, mais revient indemne : l'une des plus belles tentatives de dialogue de la chrétienté médiévale. À Noël 1223, à Greccio, il fait préparer une mangeoire, un bœuf et un âne pour « voir de ses yeux » la pauvreté de Bethléem : c'est l'origine de la crèche.

L'Alverne, les stigmates et la mort#

En septembre 1224, sur le mont de l'Alverne, en priant, François voit un séraphin crucifié et reçoit dans sa chair les plaies du Christ aux mains, aux pieds et au côté. Aveugle presque, malade, il compose alors le Cantique des créatures (ou Cantique de frère Soleil), à Saint-Damien, en langue vulgaire : « Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures… » Il meurt couché nu sur la terre nue, à la Portioncule, en chantant le psaume 141, le 3 octobre 1226.

Histoire et tradition#

Les sources sont rares et proches : ses propres Écrits (Règles, Testament, Cantique, Admonitions), la Vie de Thomas de Celano (1228-1229), puis la Légende majeure de saint Bonaventure (1263). Les Fioretti, recueil du XIVe siècle, ajoutent la légende dorée : le sermon aux oiseaux de Bevagna, le loup de Gubbio apprivoisé. Ces récits disent une vérité spirituelle, celle d'un homme réconcilié avec toute la création, même si l'Église n'impose pas chaque détail. Les stigmates, eux, sont attestés dès les premiers témoins ; pour ce que l'Église dit de ces phénomènes, voir qu'est-ce qu'un mystique.

Un culte immédiat#

Grégoire IX, qui l'avait connu comme cardinal protecteur de l'ordre, le canonise à Assise le 16 juillet 1228 et pose la première pierre de la basilique Saint-François. Le 2 août, le Pardon d'Assise (indulgence de la Portioncule) attire encore les pèlerins. Pie XII le proclame patron de l'Italie avec Catherine de Sienne en 1939, et Jean-Paul II patron des écologistes en 1979. En 2013, le pape Jorge Bergoglio choisit son nom, le premier pape à porter celui de François.

Saint François aujourd'hui#

Assise reste un lieu de pèlerinage majeur : basilique, tombeau, Portioncule, Saint-Damien, ermitage des Carceri. Les franciscains (frères mineurs, conventuels, capucins), les clarisses et le Tiers-Ordre séculier portent son héritage dans le monde entier. La bénédiction des animaux, le 4 octobre, se célèbre dans beaucoup de paroisses. Et sa prière « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix », très aimée, est en réalité un texte anonyme du début du XXe siècle, inspiré de son esprit.

Ce que saint François nous apprend#

Que l'Évangile se vit, et pas seulement s'admire. François n'a ni réformé l'Église par la polémique ni fondé une doctrine : il a obéi, tout simplement, et la joie a suivi. Sa pauvreté n'est pas mépris du monde mais liberté pour l'aimer comme don de Dieu. Il nous rappelle enfin que la paix commence par la conversion de son propre cœur : « Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu'à consoler. »

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Sources#

Questions fréquentes#

Quand fête-t-on saint François d'Assise ?

Le 4 octobre, lendemain de sa mort, survenue le soir du 3 octobre 1226 à la Portioncule. C'est une fête au calendrier romain, et une solennité pour les franciscains.

De quoi saint François d'Assise est-il le patron ?

De l'Italie, avec sainte Catherine de Sienne (1939), et de l'écologie, depuis Jean-Paul II (1979). On l'invoque aussi pour les animaux, les pauvres et la paix.

Que sont les stigmates de saint François ?

Les marques des plaies du Christ qu'il reçut dans sa chair sur le mont de l'Alverne, en septembre 1224, deux ans avant sa mort. Il est le premier stigmatisé connu de l'histoire de l'Église.

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