Sainte Jeanne d'Arc : la sainte et l'héroïne
Bergère de Domrémy, libératrice d'Orléans, brûlée à Rouen en 1431 : vie, voix, procès, canonisation de 1920 et patronage de sainte Jeanne d'Arc.

Née à Domrémy, aux marches de la Lorraine, vers 1412, Jeanne est une paysanne de dix-sept ans quand elle se présente au dauphin Charles pour sauver le royaume. Deux ans plus tard, elle meurt sur le bûcher de Rouen, à dix-neuf ans, en invoquant le nom de Jésus. L'héroïne de l'histoire de France est aussi une sainte de l'Église : les deux ne se séparent pas.
Fiche
Fête : 30 mai · Vécu : Domrémy, v. 1412 – Rouen, 30 mai 1431 · Statut : vierge, martyre selon la tradition populaire, laïque · Canonisée : 16 mai 1920 par Benoît XV · Attributs : armure, étendard blanc fleurdelisé, épée, bûcher · Patronne de : France (secondaire), soldats, prisonniers, personnes en détresse · Prénoms : Jeanne, Jeannette, Jehanne, Joan
Une bergère de Lorraine#
Fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Romée, paysans pieux, Jeanne grandit en pleine guerre de Cent Ans : le royaume est déchiré, les Anglais et les Bourguignons tiennent Paris et le Nord, le dauphin n'est pas sacré. Elle ne sait ni lire ni écrire, mais elle connaît le Pater, l'Ave et le Credo, que sa mère lui a appris, et elle va souvent prier à l'église.
Les voix#
Vers treize ans, dans le jardin de son père, Jeanne entend une voix accompagnée d'une grande clarté. Elle reconnaît bientôt l'archange saint Michel, puis sainte Catherine et sainte Marguerite. Leur message grandit avec les années : aller en France, faire lever le siège d'Orléans, conduire le dauphin à Reims pour son sacre. Jeanne obéit, quitte sa famille et, au printemps 1429, atteint Chinon, où elle reconnaît Charles parmi ses courtisans.
La libératrice d'Orléans#
Examinée à Poitiers par des théologiens, qui ne trouvent en elle « que bien, humilité, virginité, dévotion, honnêteté, simplicité », elle reçoit une armure et un étendard blanc, où sont écrits les noms de Jésus et de Marie. Orléans est délivrée le 8 mai 1429, après quelques jours de combat ; la victoire de Patay suit le 18 juin, et le 17 juillet Charles VII est sacré à Reims, Jeanne debout près de l'autel. Elle exige que ses soldats se confessent, renoncent aux blasphèmes et aux pillages.
Capture et procès#
Blessée devant Paris, puis prise à Compiègne le 23 mai 1430 par les Bourguignons, elle est vendue aux Anglais et jugée à Rouen par l'évêque Pierre Cauchon, dans un procès d'inquisition d'une partialité criante. Seule, sans avocat, elle répond avec une clarté qui stupéfie ses juges. À la question piège : « Savez-vous être en la grâce de Dieu ? », elle répond : « Si je n'y suis, Dieu m'y mette ; et si j'y suis, Dieu m'y garde. » Sa fidélité à ses voix et sa soumission à l'Église, qu'elle entend rester « à Dieu premier servi », sont au cœur des débats.
Le bûcher#
Condamnée comme relapse, Jeanne est brûlée vive le 30 mai 1431, sur la place du Vieux-Marché. Elle demande une croix, que lui tend un soldat anglais, et une autre est portée devant ses yeux jusqu'à la fin. Elle meurt en criant « Jésus ! ». Selon un témoin, le bourreau craignait d'être damné : il avait brûlé une sainte.
Histoire et tradition#
Le procès de réhabilitation, ouvert avec l'autorisation de Calixte III, annule la condamnation en 1456 : les témoins, par centaines, disent la pureté et la foi de la jeune fille. Le culte renaît au XIXe siècle, avec Mgr Dupanloup à Orléans. Béatifiée par saint Pie X en 1909, elle est canonisée par Benoît XV le 16 mai 1920 ; la procédure, qui reconnaît aussi des miracles obtenus par son intercession, suit les étapes habituelles décrites dans Comment devient-on saint ?.
Sainte Jeanne d'Arc aujourd'hui#
Pie XI la proclame patronne secondaire de la France en 1922. Chaque année, Orléans fête sa libératrice les 7 et 8 mai, et la fête nationale de Jeanne d'Arc a lieu le deuxième dimanche de mai. Domrémy, Chinon, Reims et Rouen sont devenus lieux de pèlerinage. Des soldats, des prisonniers, des jeunes en quête de courage la prient, et l'on retrouve sa statue dans presque toutes les églises de France.
Ce que sainte Jeanne d'Arc nous apprend#
Que Dieu choisit les petits pour confondre les puissants, et que la sainteté peut s'exercer dans la politique et la guerre juste sans cesser d'être de l'Évangile. Jeanne ne cherche ni la gloire ni la vengeance : elle veut obéir à Dieu et sauver son peuple. Sa fidélité jusqu'à la mort, sa confiance en la prière, sa pureté de cœur font d'elle un modèle pour les jeunes d'aujourd'hui.
Articles connexes#
- Les saints patrons de la France — Jeanne aux côtés de Marie, de Michel, de Thérèse, de Martin et de Louis.
- Saint Michel archange — le premier de ses voix, protecteur de la France.
- Comment devient-on saint ? — de la réhabilitation de 1456 à la canonisation de 1920.
- Les saints de France — la terre qui a donné Jeanne, Martin, Thérèse et tant d'autres.
- Tous les saints de A à Z — l'index des saints du site.
- Rois, reines et laïcs — les saints qui ont sanctifié le monde, du trône à la ferme.
Sources#
Questions fréquentes#
Quand fête-t-on sainte Jeanne d'Arc ?
Le 30 mai, jour de sa mort sur le bûcher de Rouen, en 1431. En France, on célèbre aussi sa délivrance d'Orléans autour du 8 mai.
Quand Jeanne d'Arc a-t-elle été canonisée ?
Elle a été béatifiée par saint Pie X en 1909, puis canonisée par Benoît XV le 16 mai 1920. Pie XI l'a proclamée patronne secondaire de la France en 1922.
Qui étaient les voix de Jeanne d'Arc ?
Jeanne les identifie à l'archange saint Michel, à sainte Catherine d'Alexandrie et à sainte Marguerite, qui lui apparaissent dès ses treize ans, à Domrémy.