La Saint-Nicolas, 6 décembre : Lorraine, Alsace, Belgique et le Père Fouettard
La Saint-Nicolas du 6 décembre : origine, défilés de Lorraine, Alsace et Belgique, friandises, légende du Père Fouettard et sens chrétien de la fête.

Dans l'Est de la France et en Belgique, décembre commence par une fête d'enfants : le 6, un évêque à barbe blanche, mitre et crosse, passe de maison en maison avec des friandises. C'est la Saint-Nicolas, bien plus ancienne que le Père Noël, et d'abord la fête d'un saint, saint Nicolas de Myre.
Fiche
Date : 6 décembre (fixe) · Rang : mémoire facultative au calendrier romain, fête très populaire · Férié en France : non · Depuis : au moins le Xe siècle en Occident, renforcée par l'arrivée des reliques à Bari en 1087 · Où : Lorraine, Alsace, Nord, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne, Suisse · Saint lié : saint Nicolas de Myre
Ce qu'on célèbre#
On célèbre la mémoire de Nicolas, évêque de Myre en Lycie (actuelle Turquie) au IVe siècle, mort un 6 décembre. La tradition retient surtout sa charité discrète : il aurait jeté de l'or par la fenêtre d'un père ruiné pour doter ses trois filles, et protégé les enfants et les faibles. Le 6 décembre, la fête chrétienne tient en un geste : donner, comme lui, sans bruit. Elle tombe en plein Avent, et prépare Noël par la générosité.
D'où vient la fête#
Le culte de Nicolas se répand d'abord en Orient, puis en Occident. Au Xe siècle, il est déjà bien implanté dans l'Empire germanique ; après le transfert de ses reliques à Bari en 1087, les pèlerins le rapportent partout en Europe, et l'Est de la France lui reste très attaché : Nicolas est le saint patron de la Lorraine, dont la basilique de Saint-Nicolas-de-Port garde une relique. Dès le Moyen Âge, les écoliers et les clercs fêtent le saint en élisant un « évêque » des enfants, et la distribution de cadeaux le 6 décembre s'installe dans les villes de Flandre, de Lorraine et d'Allemagne. La Réforme protestante a supprimé le culte des saints dans une partie de l'Europe ; la tradition y a survécu sous d'autres formes, ce qui explique les variantes du Père Noël, du Sinterklaas néerlandais et du Christkind.
Comment on la vit#
- Lorraine : à Nancy, le grand défilé du samedi proche du 6 décembre réunit des dizaines de milliers de personnes ; saint Nicolas, en évêque, y est escorté de chars et de fanfares. À Saint-Nicolas-de-Port, la fête s'ouvre par la messe dans la basilique, puis suit la procession.
- Alsace et Moselle : le saint distribue des friandises le soir du 5 ou le matin du 6, parfois accompagné de Hans Trapp ou du Père Fouettard. Les enfants reçoivent des mannele, petits bonshommes de brioche, du pain d'épices, des mandarines et des noix.
- Belgique, Pays-Bas, Luxembourg : Sinterklaas ou « Saint Nicolas » apporte les cadeaux, le soir du 5 décembre, aux enfants qui ont laissé une chaussure près de la cheminée, avec un morceau de carotte pour son âne ou son cheval. On y mange des spéculoos et des figurines en chocolat.
- À l'église : messe du jour, bénédiction des enfants, parfois lecture de la vie du saint et partage de brioches à la sortie.
Le Père Fouettard#
Le compagnon sombre du saint a sa légende. Trois enfants, partis glaner aux champs, demandent l'hospitalité à un boucher (ou un aubergiste) qui les égorge et les cache dans un saloir. Nicolas, de passage, découvre le crime, prie, et les ressuscite. Honteux, le coupable se repent et devient son serviteur : au lieu de punir, il garde un fouet pour rappeler que le mal fait mal, et que le pardon vient du saint. L'histoire, qui vient d'un récit médiéval des « trois enfants dans le saloir », est une légende, non un fait : mais elle exprime la foi dans la victoire du bien sur le crime.
Les saints de cette fête#
Le 6 décembre appartient à Nicolas : sa vie, ses patronages et sa prière sont dans saint Nicolas de Myre et dans la prière à saint Nicolas. Ses reliques reposent à Bari (le corps de saint Nicolas) ; le prénom Nicolas se fête ce jour.
Idées reçues#
- « Le Père Noël est une invention américaine. » C'est plus complexe : le Père Noël américain descend de Sinterklaas, importé par les colons néerlandais, lui-même venu de saint Nicolas. La Saint-Nicolas est son ancêtre.
- « Le Père Fouettard est cruel et païen. » Sa légende est chrétienne : c'est un pécheur repenti, qui fait sentir qu'on rend des comptes.
- « Saint Nicolas n'a pas existé. » Son existence est attestée comme évêque de Myre ; les récits de ses miracles relèvent de la tradition.
Ce que la Saint-Nicolas nous apprend#
Que la foi se vit aussi dans la joie des petits. Sous les mannele et les défilés demeure le message de l'évêque de Myre : donner sans bruit, protéger l'enfant, et croire que la miséricorde l'emporte sur le mal.
Articles connexes#
- Saint Nicolas de Myre : la vie de l'évêque derrière la fête.
- 6 décembre : saint Nicolas, saints et fêtes du jour : le saint du jour et les autres saints du 6 décembre.
- Saint-Nicolas-de-Port : la basilique de Lorraine : le grand sanctuaire du patron de la Lorraine.
- Le corps de saint Nicolas, de Myre à Bari : l'histoire des reliques.
- L'Avent, quatre semaines pour attendre : le temps liturgique où tombe la fête.
- Calendrier des saints : toutes les fêtes de l'année.
Sources#
Questions fréquentes#
Quand fête-t-on la Saint-Nicolas ?
Le 6 décembre, jour de la mort de saint Nicolas de Myre. En Lorraine, le grand défilé a lieu le samedi le plus proche ; aux Pays-Bas et en Flandre, les cadeaux sont distribués dès le soir du 5.
Qui est le Père Fouettard ?
Le compagnon sombre de saint Nicolas dans les traditions de l'Est de la France et de Belgique. La légende en fait un boucher méchant, converti ou mis au service du saint après la résurrection des trois enfants.
La Saint-Nicolas est-elle une fête religieuse ?
Oui, d'abord : c'est la fête liturgique d'un évêque saint, célébrée pendant l'Avent. Les défilés, les friandises et les cadeaux en sont le prolongement populaire, qui rappelle sa charité envers les enfants.