Saint Michel archange : « Qui est comme Dieu ? »
Prince de la milice céleste, vainqueur du dragon : ce que dit la Bible de saint Michel, sa fête du 29 septembre, ses attributs et ses patronages.

Saint Michel n'est pas un homme : c'est un archange, un pur esprit créé par Dieu. L'Écriture le nomme cinq fois, toujours en position de défenseur : il protège le peuple de Dieu, dispute au diable le corps de Moïse, et terrasse le dragon. L'Église le fête le 29 septembre et l'invoque depuis les premiers siècles comme le prince de la milice céleste — celui qu'on appelle quand le combat dépasse les forces humaines.
Fiche
Fête : 29 septembre (avec Gabriel et Raphaël) · Nommé dans : Daniel 10 et 12, épître de Jude, Apocalypse 12 · Statut : archange, prince de la milice céleste · Culte : immémorial en Orient comme en Occident ; un ange n'est pas canonisé · Attributs : armure, épée ou lance, dragon terrassé, balance, étendard · Patron de : l'Église universelle, la France, les soldats, les parachutistes, les policiers, les mourants · Prénoms : Michel, Michèle, Micheline, Michaël, Mikaël
Un nom qui est une question#
Mi-ka-El : « Qui est comme Dieu ? » Le nom de Michel n'est pas un titre, c'est un cri de guerre. La tradition y entend la réponse de l'ange fidèle à l'ange révolté qui voulait se faire l'égal de Dieu. Tout ce que l'Église honore en Michel tient dans cette phrase : il ne combat pas pour lui, il ne demande rien pour lui, il rappelle seulement que Dieu seul est Dieu. C'est pourquoi on le représente en armure, mais toujours le visage calme.
Ce que dit l'Écriture#
Le livre de Daniel le montre deux fois comme le prince qui veille sur Israël et se lève « au temps de l'angoisse » (Dn 10, 13 ; 10, 21 ; 12, 1). L'épître de Jude rapporte qu'il disputa au diable le corps de Moïse sans l'insulter, s'en remettant à Dieu : « Que le Seigneur te réprime ! » (Jude 9). L'Apocalypse enfin décrit le combat décisif : « Michel et ses anges eurent à combattre le dragon… et le grand dragon fut rejeté » (Ap 12, 7-9). Cinq mentions, aucune parole de Michel sur lui-même : l'Écriture ne le décrit jamais autrement qu'en service.
Le vainqueur du dragon#
Le dragon de l'Apocalypse n'est pas une bête de conte : le texte le nomme, « le serpent des origines, celui qu'on appelle Diable et Satan ». L'art chrétien a fixé la scène pour toujours — l'ange en armure, la lance ou l'épée haute, le pied posé sans violence sur la gueule vaincue. Ce combat n'est pas un mythe du passé : la liturgie et la piété l'appliquent à l'histoire et à chaque âme. Ce que l'image enseigne, c'est que le mal est réel, qu'il est déjà vaincu, et qu'il n'est pas vaincu par nous.
Le porte-étendard des mourants#
Une seconde tradition, aussi ancienne, fait de Michel celui qui accueille les âmes au passage. L'offertoire de la messe des défunts le lui demande en propres termes : que « le porte-étendard saint Michel » les introduise dans la sainte lumière. De là vient sa balance : les peintres médiévaux l'ont montré pesant les âmes au jugement, un plateau tiré vers le bas par les péchés, l'autre par la miséricorde. De là vient aussi qu'on l'invoque, avec Joseph et Barbe, comme patron de la bonne mort.
Du mont Gargan au Mont-Saint-Michel#
Le culte de Michel est né en Orient, autour des sources guérisseuses de Chonae et de Constantinople. Il passe en Occident à la fin du Ve siècle avec les apparitions du mont Gargan, en Pouille, où l'archange demande à l'évêque Laurent de Siponto une église dans une grotte ; le sanctuaire existe toujours. En 708, la tradition rapporte que Michel apparaît à Aubert, évêque d'Avranches, et lui ordonne de lui bâtir un oratoire sur un rocher au milieu des sables : ce sera le Mont-Saint-Michel, « au péril de la mer », l'un des grands pèlerinages d'Europe. Entre les deux, la Sacra di San Michele en Piémont, et plus loin Skellig Michael en Irlande : une ligne de hauts lieux dédiés à celui qui se tient entre ciel et terre.
Histoire et tradition#
Ce qui est de foi tient en peu de mots : les anges existent, Michel est l'un d'eux, l'Écriture le nomme. Le reste est tradition, et l'Église le dit sans gêne. La date du 29 septembre ne commémore pas un événement de la vie de Michel — un ange n'a pas de vie terrestre — mais la dédicace d'une basilique romaine qui lui était consacrée, au Ve siècle. Les apparitions du Gargan et d'Avranches appartiennent au récit du culte plus qu'à l'histoire documentée ; les neuf chœurs angéliques viennent d'un auteur du Ve siècle, non de la Bible. Quant aux anges nommés Uriel ou Sariel, ils viennent de livres non reçus par l'Église, qui n'en a jamais voulu dans sa liturgie. Trois noms, pas plus : Michel, Gabriel, Raphaël.
Saint Michel aujourd'hui#
Depuis 1969, les trois archanges partagent le 29 septembre, ancienne fête de Michel seul. Sa dévotion, elle, n'a jamais faibli : Jeanne d'Arc disait avoir entendu sa voix la première ; Louis XI fonda en son honneur l'ordre de Saint-Michel en 1469 ; Léon XIII composa en 1886 la prière « Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat », que beaucoup de paroisses redisent après la messe. En 2013, le pape François a placé l'État du Vatican sous sa protection. En France, les armées, les parachutistes, la police et la gendarmerie le fêtent chaque 29 septembre ; on lui doit aussi des centaines de toponymes — tous les Saint-Michel perchés sur une hauteur. Comme pour les saints du calendrier, on ne l'adore pas : on lui demande de prier et de défendre, ce que l'Église appelle simplement l'intercession, et qui le range parmi les anges et archanges honorés d'un culte de vénération.
Ce que saint Michel nous apprend#
Que l'humilité est une force. Michel n'a pas de biographie, pas de vertu personnelle à raconter, pas de miracle signé de son nom : il n'a qu'une question, « Qui est comme Dieu ? », et elle suffit à faire reculer le mal. Il enseigne aussi à ne pas se croire seul dans le combat spirituel, ni assez fort pour le mener sans aide. Et il enseigne à mourir : l'Église, qui lui confie ses défunts, croit que le premier visage rencontré au passage sera celui d'un ami armé, qui porte un étendard et connaît la route.
Articles connexes#
- Les anges et les archanges : ce que l'Église enseigne — ce qu'est un ange, les neuf chœurs, l'ange gardien, et pourquoi on dit « saint » Michel.
- Les anges et archanges — la catégorie où Michel rejoint Gabriel, Raphaël et les anges gardiens.
- Quel est le saint patron de la bonne mort ? — Joseph, Barbe et Michel : à qui confier sa dernière heure et pourquoi.
- Pourquoi les catholiques prient-ils les saints ? — intercession et non adoration : la distinction qui vaut aussi pour les anges.
- Les saints de France par région — les protecteurs du pays, du Mont-Saint-Michel à la Normandie.
- Tous les saints de A à Z — l'index complet du site, avec la date de fête de chacun.
Sources#
- Catéchisme de l'Église catholique, n° 328-336 (les anges)
- AELF — Apocalypse, chapitre 12
- Nominis — Saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges
- Wikipédia — Michel (archange)
Questions fréquentes#
Quand fête-t-on saint Michel ?
Le 29 septembre, avec les archanges Gabriel et Raphaël, depuis la réforme du calendrier de 1969. La date venait de la dédicace d'une basilique romaine qui lui était consacrée.
De quoi saint Michel est-il le patron ?
De l'Église universelle, de la France, des soldats, des parachutistes et des policiers, et de tous ceux qui vont mourir : il est le porte-étendard qui conduit les âmes à la lumière.
Pourquoi saint Michel est-il représenté avec une balance ?
Parce que la tradition lui confie la pesée des âmes au jugement. L'autre attribut, l'épée ou la lance qui terrasse le dragon, vient du combat décrit dans l'Apocalypse.