Le Mont-Saint-Michel : l'archange, l'abbaye, le pèlerinage
Le rocher que saint Michel demanda à l'évêque Aubert en 708 : histoire de l'abbaye, la Merveille, les miquelots, la traversée de la baie et le pèlerinage.

Au fond d'une baie où la mer monte « à la vitesse d'un cheval au galop », un rocher de granit porte depuis treize siècles une abbaye dédiée à saint Michel archange. Le Mont-Saint-Michel n'est pas d'abord un monument : c'est un sanctuaire, voulu par l'archange lui-même selon la tradition, et l'un des plus anciens pèlerinages de l'Occident.
Fiche
Où : baie du Mont-Saint-Michel (Manche, Normandie), diocèse de Coutances et Avranches · Dédié à : saint Michel archange · Depuis : 708-709 · Grandes dates : 29 septembre (Saint-Michel d'automne), Saint-Michel de printemps en mai, 16 octobre (dédicace) · Fréquentation : environ 3 millions de visiteurs par an · À voir : abbatiale, la Merveille, cloître, statue de l'archange au sommet de la flèche, baie
L'archange à l'origine#
Au début du VIIIe siècle, le rocher s'appelle le mont Tombe. En 708, saint Aubert, évêque d'Avranches, reçoit en songe l'ordre de saint Michel d'y bâtir un sanctuaire à l'image de celui du mont Gargan, en Italie. Il hésite ; l'archange revient trois fois, et la tradition rapporte qu'à la troisième il lui toucha le front du doigt. Aubert obéit, fait chercher à Gargan des reliques de l'archange, et l'église est dédiée le 16 octobre 709. Le crâne de saint Aubert, percé d'un trou, est toujours vénéré à la basilique Saint-Gervais d'Avranches.
Histoire du lieu#
En 966, le duc Richard Ier de Normandie installe des bénédictins sur le Mont : ils y resteront plus de huit siècles. L'abbatiale romane s'élève au XIe siècle au sommet du rocher, portée par des cryptes ; au XIIIe siècle, après un incendie, on bâtit sur le flanc nord la Merveille, trois étages gothiques couronnés d'un cloître suspendu entre ciel et mer. Pendant la guerre de Cent Ans, le Mont résiste aux Anglais sans jamais tomber : saint Michel devient le protecteur du royaume, l'une des voix de Jeanne d'Arc, et Louis XI fonde en 1469 l'ordre de Saint-Michel. La Révolution chasse les moines et fait de l'abbaye une prison jusqu'en 1863. Restaurée ensuite, coiffée en 1897 de la statue dorée de l'archange par Frémiet, elle retrouve une vie monastique en 1966, pour son millénaire.
Ce qu'on y trouve#
L'abbatiale, au sommet, où la messe et l'office sont célébrés chaque jour par les Fraternités monastiques de Jérusalem, présentes depuis 2001. Les cryptes qui la soutiennent, dont Notre-Dame-sous-Terre, l'église carolingienne primitive. La Merveille, avec le réfectoire, la salle des Hôtes et le cloître, lieu de méditation des moines. En bas, la Grande Rue et l'église paroissiale Saint-Pierre, avec sa statue de saint Michel en argent. Et, à 157 mètres au-dessus des grèves, l'archange qui terrasse le dragon : le signe visible, de toute la baie, de celui à qui tout appartient ici.
Le pèlerinage#
Dès le Moyen Âge, les miquelots affluent de toute l'Europe par les « chemins de Paradis », jusqu'à des troupes d'enfants venus d'Allemagne au XVe siècle. On repartait avec une enseigne de plomb à l'effigie de l'archange et des coquilles ramassées sur la grève. Le geste propre du pèlerin est la traversée de la baie à pied, depuis Genêts ou le Bec d'Andaine, avec un guide, à cause des marées et des sables mouvants : quelques heures de marche, souvent en silence ou en priant le chapelet de saint Michel. Les grandes fêtes sont la Saint-Michel d'automne, autour du 29 septembre, préparée par la neuvaine à saint Michel, et la Saint-Michel de printemps, en mai. Au sommet, beaucoup récitent la prière de Léon XIII.
Pratique#
Le Mont se trouve à l'ouest de la Normandie, à la limite de la Bretagne. On laisse la voiture sur le continent ; des navettes et une passerelle mènent au rocher, que l'on peut aussi rejoindre à pied (environ 45 minutes). Pour prier, mieux vaut venir tôt le matin, hors saison, ou assister à l'office des moines. Vérifier les horaires des marées avant toute marche dans la baie, et ne jamais traverser sans guide.
Articles connexes#
- Saint Michel archange : « Qui est comme Dieu ? » — l'archange, de l'Écriture au mont Gargan.
- Prière à saint Michel (la prière de Léon XIII) — la prière du combat spirituel.
- Le chapelet de saint Michel et les neuf chœurs des anges — à prier pendant la traversée.
- Neuvaine à saint Michel — neuf jours avant la fête du 29 septembre.
- Sanctuaires et pèlerinages — tous les grands lieux de pèlerinage.
Sources#
- Abbaye du Mont-Saint-Michel — Centre des monuments nationaux
- Wikipédia — Abbaye du Mont-Saint-Michel
- Wikipédia — Aubert d'Avranches
Questions fréquentes#
Pourquoi le Mont-Saint-Michel est-il dédié à saint Michel ?
Selon la tradition, l'archange apparut en 708 à saint Aubert, évêque d'Avranches, et lui demanda de lui bâtir un sanctuaire sur le rocher alors appelé mont Tombe. L'église fut dédiée le 16 octobre 709.
Y a-t-il encore des moines au Mont-Saint-Michel ?
Oui. Après le départ des bénédictins à la Révolution, une communauté est revenue en 1966 pour le millénaire monastique ; depuis 2001, ce sont les Fraternités monastiques de Jérusalem qui y prient l'office chaque jour.
Quand aller en pèlerinage au Mont-Saint-Michel ?
Toute l'année, mais surtout autour de la Saint-Michel d'automne (29 septembre) et de la Saint-Michel de printemps, en mai. La traversée de la baie à pied, avec un guide, est le geste traditionnel des pèlerins.