Quel saint prier pour une guérison ?

Les saints de la guérison : Raphaël, Camille de Lellis et Jean de Dieu, patrons des malades, Padre Pio, Charbel, Rita, et le saint de chaque mal.

Romain Croisade 6 min

Quel saint prier pour une guérison ?

Il n'y a pas un seul saint de la guérison, mais une famille. L'Église invoque d'abord l'archange Raphaël, dont le nom signifie « Dieu guérit », et donne pour patrons des malades et des hôpitaux saint Camille de Lellis et saint Jean de Dieu. Les fidèles d'aujourd'hui prient surtout saint Padre Pio, saint Charbel et sainte Rita — et, pour chaque mal, un saint que la tradition a désigné.

En bref

Patrons des malades : saint Camille de Lellis (14 juillet) et saint Jean de Dieu (8 mars), déclarés tels par Léon XIII en 1886 · Archange de la guérison : saint Raphaël (29 septembre) · Très invoqués aujourd'hui : saint Padre Pio (23 septembre), saint Charbel (24 juillet), sainte Rita (22 mai) · Sanctuaire : Lourdes · Journée mondiale des malades : 11 février · Sacrement : l'onction des malades

Pourquoi ces saints-là ?#

Parce que chacun a touché la maladie de très près. Raphaël est celui qui, dans le livre de Tobie, accompagne le jeune Tobias et rend la vue à son père aveugle : le seul ange dont l'Écriture dise qu'il a guéri un homme. Jean de Dieu, marchand de livres converti à quarante ans, ramasse les malades dans les rues de Grenade et ouvre le premier hôpital où l'on soigne un corps sans humilier une âme. Camille de Lellis, ancien soldat et joueur, porte toute sa vie une plaie à la jambe qui ne guérira pas, et fonde les Clercs réguliers pour les infirmes — ce sont eux qui, les premiers, mettent la croix rouge sur leur habit et refusent d'abandonner les pestiférés. Léon XIII les a donnés ensemble pour patrons aux malades et aux hôpitaux en 1886, et Pie XI aux infirmiers en 1930.

Les trois grands intercesseurs contemporains sont venus après, portés par des faits. Padre Pio a passé cinquante ans à confesser et à souffrir des stigmates ; il a bâti à San Giovanni Rotondo la Casa Sollievo della Sofferenza, la « Maison du soulagement de la souffrance », un vrai hôpital, parce qu'il jugeait que la prière et la médecine travaillent pour le même patron. Charbel Makhlouf, ermite maronite mort au Liban en 1898, est l'homme des guérisons attestées : c'est un dossier de guérison, celle de sœur Maria Abel Kamari, qui a conduit Paul VI à le canoniser en 1977, et son monastère d'Annaya conserve des milliers de témoignages. Sainte Rita, elle, n'est pas d'abord une guérisseuse : elle est la sainte de l'impossible, celle qu'on appelle quand le diagnostic est tombé et qu'il n'y a plus de recours humain.

Le saint de chaque mal#

La tradition a confié à des saints précis les maux qu'ils ont eux-mêmes portés ou soignés. Ce n'est pas un annuaire magique : c'est une manière de ne pas prier dans le vide.

  • Cancer : saint Pérégrin Laziosi (1er mai), guéri d'une tumeur à la jambe la veille de l'amputation.
  • Yeux : sainte Lucie de Syracuse (13 décembre). Gorge : saint Blaise (3 février), dont on bénit les gorges avec deux cierges. Dents : sainte Apolline (9 février).
  • Épidémies et contagions : saint Roch (16 août), pèlerin frappé par la peste et guéri à l'écart.
  • Maladies mentales et angoisses : sainte Dymphne (15 mai), honorée à Gheel en Belgique, où l'on accueille les malades dans les familles depuis le Moyen Âge.
  • Grossesse difficile : saint Gérard Majella. Enfants malades : sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, elle-même guérie à dix ans devant une statue de la Vierge.
  • Médecins, chirurgiens et soignants : saint Luc l'évangéliste (18 octobre), « le médecin bien-aimé » de saint Paul, et les saints Côme et Damien (26 septembre), qui soignaient sans se faire payer.

Comment on prie pour une guérison#

D'abord par le sacrement des malades, qui n'est pas réservé à l'agonie : « Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les prêtres… le Seigneur le relèvera » (Jc 5, 14-15). Le reste vient ensuite et s'y appuie : une messe demandée pour le malade, une neuvaine au saint choisi, une médaille ou une relique posée près de lui, un cierge allumé. Le 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, l'Église célèbre la Journée mondiale des malades, instituée par Jean-Paul II en 1992 ; à Lourdes, plus de soixante-dix guérisons ont été reconnues comme miraculeuses sur près de sept mille dossiers déposés au Bureau des constatations médicales — preuve que l'Église examine avant de croire, et croit vraiment quand elle a examiné.

Deux règles gardent cette prière saine. On demande la guérison franchement, comme un enfant demande, sans se censurer — le Christ n'a jamais reproché à un malade d'avoir crié vers lui. Et on la demande filialement : « si telle est ta volonté ». Ce patronage n'est pas un levier sur Dieu ; le saint prie avec nous, il ne commande pas. La prière à sainte Rita dit bien cet équilibre : on expose tout, on n'exige rien.

Les trois intercesseurs d'aujourd'hui en bref#

Saint Padre Pio (1887-1968), capucin italien stigmatisé, fêté le 23 septembre, canonisé par Jean-Paul II en 2002 ; on l'invoque pour les malades et les mourants. Saint Charbel (1828-1898), moine maronite d'Annaya au Liban, fêté le 24 juillet, canonisé par Paul VI en 1977 ; l'huile de sa tombe accompagne d'innombrables demandes de guérison, chez les chrétiens comme chez les musulmans. Sainte Rita de Cascia (1381-1457), augustine d'Ombrie marquée au front par une épine du crucifix, fêtée le 22 mai, canonisée par Léon XIII en 1900 : patronne des causes désespérées.

Ce que ce patronage nous apprend#

Que la santé n'est pas le dernier mot de la foi. Les saints de la guérison ont presque tous été malades : Camille avec sa plaie ouverte, Rita avec sa blessure au front, Thérèse avec sa tuberculose, Pio avec ses mains percées. Ils ne nous promettent donc pas d'échapper à la maladie — ils nous montrent qu'on peut y rencontrer Dieu, et qu'il arrive qu'il guérisse. Prier pour une guérison, c'est refuser à la fois le fatalisme et le marchandage : remettre son corps à celui qui l'a fait, et qui l'a pris.

Articles connexes#

Sources#

Questions fréquentes#

Quel est le saint patron des malades ?

Saint Camille de Lellis (fête le 14 juillet) et saint Jean de Dieu (fête le 8 mars), déclarés patrons des malades et des hôpitaux par Léon XIII en 1886. L'archange Raphaël, dont le nom signifie « Dieu guérit », est le premier intercesseur de la guérison.

Quel saint prier pour la guérison d'un proche ?

Celui que votre malade aime, ou celui de son mal : saint Padre Pio et saint Charbel pour une guérison du corps, sainte Rita quand tout semble perdu, Notre-Dame de Lourdes en toute maladie. Et l'on demande d'abord pour lui le sacrement des malades.

Peut-on demander un miracle ?

Oui, l'Église le fait dans chaque procès de canonisation. Mais on le demande comme un fils, non comme un dû : « si telle est ta volonté ». La guérison du corps est un don ; la guérison du cœur est toujours accordée à qui la demande.

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