Saint Pierre, le pêcheur devenu roc

Simon le pêcheur de Galilée, devenu Pierre, chef des apôtres et premier pape, martyr à Rome : sa vie, sa fête (29 juin), ses attributs, son patronage.

Romain Croisade 5 min

Mis à jour le 15 septembre 2026

Saint Pierre, le pêcheur devenu roc

Simon, pêcheur de Bethsaïde, en Galilée, est appelé par Jésus au bord du lac de Tibériade. Il reçoit de lui un nom nouveau, PierreKéphas, le roc — et une mission unique : « Sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Premier des apôtres, premier pape, il meurt martyr à Rome, où sa tombe est devenue le cœur de la chrétienté.

Fiche

Fête : 29 juin (avec saint Paul) ; 22 février (Chaire de saint Pierre) · Vécu : Bethsaïde, début du Ier siècle – Rome, vers 64-67 · Statut : apôtre, premier pape, martyr · Attributs : les clés, le coq, la croix renversée, la barque · Patron de : pêcheurs, serruriers, la papauté, Rome · Prénoms : Pierre, Pierrette, Perrine, Peter, Pedro

L'appel au bord du lac#

Simon vit à Capharnaüm avec sa femme et sa belle-mère, et pêche avec son frère André. Jean-Baptiste a d'abord désigné Jésus à André ; c'est André qui amène Simon. Jésus le regarde et lui dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Képhas » (Jean 1, 42). Plus tard, après une pêche miraculeuse, Simon tombe à genoux : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Jésus répond : « Désormais, ce sont des hommes que tu prendras » (Luc 5, 8-10).

Le roc et l'homme faible#

Les Évangiles ne cachent rien de Pierre. Il est le premier à confesser : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », et reçoit aussitôt les clés du Royaume (Matthieu 16, 16-19). Mais il marche sur l'eau puis s'enfonce ; il refuse que Jésus lui lave les pieds, puis veut être lavé tout entier ; il jure de mourir avec lui, puis le renie trois fois avant que le coq chante. Le regard de Jésus, cette nuit-là, le fait pleurer amèrement. Après la Résurrection, au bord du même lac, Jésus lui demande trois fois : « M'aimes-tu ? » et lui confie trois fois : « Sois le berger de mes brebis » (Jean 21, 15-17). Trois reniements, trois déclarations d'amour : Pierre est refait par la miséricorde.

Le premier de l'Église#

Après la Pentecôte, c'est Pierre qui prend la parole devant la foule de Jérusalem ; trois mille personnes se font baptiser (Actes 2). Il guérit un infirme à la porte du Temple, affronte le Sanhédrin, ressuscite Tabitha à Joppé. À Césarée, il baptise le centurion Corneille et ouvre l'Église aux païens (Actes 10). Emprisonné par Hérode Agrippa, il est libéré par un ange. Au concile de Jérusalem, vers l'an 49, sa parole tranche la question de la Loi (Actes 15). Deux lettres du Nouveau Testament portent son nom.

Le martyre à Rome#

Pierre gagne Rome, où il prêche et organise la communauté. Sous Néron, après l'incendie de 64, il est arrêté et crucifié sur la colline du Vatican — la tête en bas, dit la tradition, parce qu'il ne se jugeait pas digne de mourir comme son Maître. Les chrétiens l'ensevelissent tout près du lieu de son supplice. Dès le IIe siècle, le prêtre Gaïus peut écrire : « Je puis te montrer les trophées des apôtres : va au Vatican. »

Histoire et tradition#

Le séjour et la mort de Pierre à Rome sont attestés très tôt par Clément de Rome, Ignace d'Antioche et Irénée de Lyon ; les fouilles menées sous la basilique de 1940 à 1949 ont mis au jour une tombe du Ier siècle entourée de graffitis chrétiens, et Paul VI a annoncé en 1968 que les reliques de l'apôtre avaient été identifiées de manière convaincante. La tradition ajoute des récits que l'histoire ne peut vérifier, mais que l'Église a aimés : la rencontre du Quo vadis sur la voie Appienne, où Pierre, fuyant Rome, croise le Christ qui « va se faire crucifier de nouveau » et rebrousse chemin.

Saint Pierre aujourd'hui#

La basilique Saint-Pierre s'élève au-dessus de sa tombe ; le baldaquin du Bernin marque l'emplacement exact. Chaque pape est son successeur : le pallium remis aux archevêques le 29 juin est tissé de la laine d'agneaux bénis à cet effet, en souvenir des « brebis » confiées à Pierre. Sa statue de bronze, dans la basilique, a le pied usé par les baisers des pèlerins. Le 29 juin, l'Église célèbre ensemble les deux colonnes de Rome, Pierre et Paul ; le 22 février, la Chaire de saint Pierre rappelle sa charge d'enseigner.

Ce que saint Pierre nous apprend#

Que Dieu ne choisit pas les forts, mais qu'il rend fort celui qu'il choisit. Pierre a renié, pleuré, été pardonné, et c'est sur cet homme relevé que le Christ a bâti son Église. Sa dernière parole rapportée par l'Évangile est aussi la nôtre quand nous avons failli : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. »

Articles connexes#

Sources#

Questions fréquentes#

Quand fête-t-on saint Pierre ?

Le 29 juin, solennité des saints Pierre et Paul. L'Église fête aussi la Chaire de saint Pierre le 22 février, en signe de sa mission de chef des apôtres.

Pourquoi saint Pierre est-il représenté avec des clés ?

Parce que Jésus lui a dit : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Matthieu 16, 19). Les clés signifient l'autorité qu'il reçoit sur l'Église.

Où est enterré saint Pierre ?

Sous l'autel de la basilique Saint-Pierre de Rome, sur la colline du Vatican. Les fouilles menées de 1940 à 1949 ont retrouvé sa tombe, et Paul VI a confirmé en 1968 l'identification de ses reliques.

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