Sainte Blandine, la petite esclave de Lyon

En 177, une jeune esclave tient tête aux bourreaux de Lyon : vie, martyre, fête (2 juin), attributs et patronage de sainte Blandine.

Romain Croisade 4 min

Mis à jour le 15 septembre 2026

Sainte Blandine, la petite esclave de Lyon

En l'an 177, sous Marc Aurèle, une persécution s'abat sur les chrétiens de Lyon et de Vienne. Parmi les prisonniers, une jeune esclave nommée Blandine, si frêle que sa maîtresse, chrétienne elle aussi, tremblait qu'elle ne cède. Elle sera la dernière à mourir, après avoir soutenu tous les autres : l'Église a vu en elle l'image même de la force de Dieu dans la faiblesse.

Fiche

Fête : 2 juin (avec saint Pothin et les martyrs de Lyon) · Vécu : ? – Lyon, 177 · Statut : martyre · Attributs : le poteau, les bêtes de l'amphithéâtre, le taureau, la palme · Patronne de : Lyon (avec Pothin et Irénée), servantes, jeunes filles · Prénoms : Blandine

Lyon en 177#

Lyon, capitale des Gaules, abrite une communauté chrétienne venue en partie d'Asie Mineure, conduite par l'évêque Pothin, âgé de quatre-vingt-dix ans. L'été 177, la foule se déchaîne : les chrétiens sont exclus des bains et du forum, puis arrêtés, interrogés, torturés. Des esclaves païens les accusent des pires crimes. Quarante-huit d'entre eux mourront, dans la prison ou dans l'arène, à l'occasion des jeux qui réunissent chaque année les délégués des trois Gaules.

« Je suis chrétienne »#

La lettre des survivants raconte que les bourreaux se sont relayés sur Blandine « du matin au soir », jusqu'à s'avouer vaincus, « étonnés qu'elle respirât encore ». Elle, « comme un noble athlète », reprenait des forces dans sa confession : « Je suis chrétienne, et chez nous il ne se fait rien de mal. » Cette phrase, répétée à chaque supplice, est devenue la sienne.

L'amphithéâtre#

Exposée aux bêtes, suspendue à un poteau les bras en croix, elle n'est pas touchée par les fauves ; les autres condamnés, en la regardant, « voyaient dans leur sœur Celui qui avait été crucifié pour eux ». Ramenée en prison, elle est présentée à chaque nouvelle journée de jeux, comme pour l'user. Le dernier jour, on l'amène avec un garçon de quinze ans, Ponticus, qu'elle encourage jusqu'au bout. Puis elle est fouettée, livrée aux bêtes, brûlée sur un gril, enfin enfermée dans un filet et jetée à un taureau, avant d'être égorgée. « Les païens eux-mêmes reconnaissaient que jamais chez eux une femme n'avait autant souffert. »

La mort et le culte#

Les corps des martyrs sont laissés sans sépulture, puis brûlés et leurs cendres jetées dans le Rhône, pour leur ôter, croyait-on, l'espérance de la résurrection. La communauté survit ; Irénée, prêtre de Lyon, succède à Pothin et devient l'un des plus grands théologiens de l'Antiquité. Blandine est fêtée dès l'Antiquité avec ses compagnons ; elle est, avec Pothin et Irénée, l'une des figures fondatrices de l'Église de France.

Histoire et tradition#

Ici, l'histoire est solide : la Lettre des Églises de Vienne et de Lyon aux Églises d'Asie et de Phrygie, écrite par des témoins et citée intégralement par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique (livre V), est l'un des documents les plus précieux du christianisme ancien. La tradition n'a rien eu à inventer. Elle a seulement fait de Blandine, au XIXe siècle, l'héroïne de tableaux et de romans — et de la phrase « Je suis chrétienne » un cri que l'on sait encore par cœur.

Sainte Blandine aujourd'hui#

À Lyon, sur la Croix-Rousse, l'amphithéâtre des Trois Gaules a été dégagé au XXe siècle ; un poteau y marque la mémoire des martyrs, et Jean-Paul II y a prié en 1986. La crypte de la basilique Saint-Irénée, sur la colline de Fourvière, conserve le souvenir des premiers chrétiens lyonnais. Chaque 2 juin, le diocèse honore ses martyrs.

Ce que sainte Blandine nous apprend#

Que la force ne vient pas de nous. « Ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse », dit le Seigneur à saint Paul ; Blandine en est la démonstration vivante. La plus petite de tous a tenu quand les forts vacillaient, non par héroïsme, mais parce qu'elle se savait aimée. Sa réponse tient en trois mots, et elle suffit.

Articles connexes#

Sources#

Questions fréquentes#

Quand fête-t-on sainte Blandine ?

Le 2 juin, avec saint Pothin et les autres martyrs de Lyon de l'an 177.

De quoi sainte Blandine est-elle la patronne ?

Elle est l'une des patronnes de Lyon, et l'on invoque son aide pour les servantes, les jeunes filles et tous ceux que l'on croit trop faibles pour tenir.

Comment connaît-on l'histoire de sainte Blandine ?

Par la Lettre des Églises de Vienne et de Lyon, écrite peu après les faits par des témoins et conservée par Eusèbe de Césarée : l'un des documents les plus sûrs sur les persécutions du IIe siècle.

À lire aussi