Le martyrologe romain : le livre de tous les saints
Le martyrologe romain, catalogue officiel des saints jour par jour : son histoire depuis 1584, la révision de 2001, son usage.

Le martyrologe romain est le catalogue officiel des saints et des bienheureux de l'Église catholique, présenté jour par jour : à chaque date, la liste de ceux que l'on peut fêter, avec une notice de deux lignes. C'est le livre qui répond à la question « quel saint aujourd'hui ? » — et le seul qui les nomme tous, y compris ceux qui n'ont pas de place au calendrier.
En bref
Ce que c'est : la liste officielle des saints et bienheureux, par jour · Première édition : 1584, sous Grégoire XIII · Édition actuelle : 2001, révisée en 2004 · Contenu : ~7 000 noms sur 366 jours · Usage : lecture à l'office dans les communautés ; référence pour le « saint du jour » · Racine : les listes de martyrs des Églises locales, dès le IIIe siècle
Ce qu'est le martyrologe#
Malgré son nom, le martyrologe ne recense pas que des martyrs : il a gardé le titre de ses ancêtres, les listes de martyrs des premiers siècles, mais il contient tous les saints. Pour chaque jour, il donne d'abord la fête ou la mémoire du calendrier, puis, dans l'ordre chronologique, les autres saints et bienheureux morts ce jour-là ou fêtés ce jour-là, chacun avec une notice : lieu, époque, ce qu'il a fait, en deux ou trois lignes. Il est le fondement des calendriers particuliers : un diocèse, un ordre, une paroisse y puisent leurs saints propres.
D'où il vient#
Dès le IIIe siècle, chaque Église garde la liste de ses martyrs avec leur date : les depositiones de Rome (354) en sont le plus ancien témoin. Au Ve siècle, le martyrologe hiéronymien, faussement attribué à saint Jérôme, fusionne les listes de Rome, d'Afrique et d'Orient. Au IXe siècle, les moines Bède, Florus de Lyon, Adon de Vienne et surtout Usuard de Saint-Germain-des-Prés ajoutent des notices : le martyrologe d'Usuard devient le livre de tout l'Occident. En 1584, après le concile de Trente, Grégoire XIII en fait un livre officiel : le Martyrologe romain, révisé par le cardinal Baronius. Il sera retouché pendant quatre siècles.
L'édition de 2001#
Vatican II avait demandé une révision, pour retirer les saints douteux et ajouter les nouveaux. Le travail dura trente ans. L'édition de 2001, corrigée en 2004, vérifie chaque notice à la lumière de l'histoire, précise les dates et les lieux, retire les personnages légendaires, et ajoute les centaines de canonisés et béatifiés du XXe siècle. Elle compte environ 7 000 entrées. Une traduction française a paru en 2005.
Comment il est utilisé#
Dans les monastères, le martyrologe est lu chaque jour à l'office — à prime autrefois, aujourd'hui souvent à laudes ou au chapitre : « Le lendemain, tel jour, à tel endroit, saint N. » La formule finale, « Et alibi aliorum plurimorum sanctorum — et ailleurs, beaucoup d'autres saints », rappelle que la liste n'est jamais complète. Pour le fidèle, il est la source des sites et calendriers qui donnent le saint du jour et les prénoms à fêter : quand plusieurs saints portent le même nom à des dates différentes, c'est le martyrologe qui tranche.
Exemples#
Au 11 novembre, le martyrologe donne d'abord saint Martin de Tours, mémoire du calendrier, puis Théodore le Studite, Véran de Vence, Mennas d'Égypte et d'autres. Au 2 juin, sainte Blandine figure avec saint Pothin et les martyrs de Lyon. Au 3 janvier, sainte Geneviève — que le calendrier romain général ne fête pas, mais que le martyrologe nomme pour toute l'Église.
Ce qu'on croit à tort#
Le martyrologe n'est pas le calendrier : être dans le premier ne donne pas droit à une messe propre. Il n'est pas la liste de tous les saints existants : seuls ceux dont le culte est reconnu y figurent, et la Toussaint fête les autres. Et il n'est pas figé : chaque canonisation, chaque béatification y ajoute une ligne.
Pour aller plus loin#
- Le calendrier des saints : romain, français, diocésain
- Solennité, fête, mémoire — les rangs que le calendrier attribue
- Comment devient-on saint ? — l'inscription au catalogue
- Histoire et tradition : comment lire une vie de saint — la révision critique de 2001
Articles connexes#
- La Toussaint, fête de tous les saints — pour ceux qui ne sont dans aucun livre.
- Saint Martin de Tours, le manteau partagé
- Tous les saints de A à Z — notre propre index.
Sources#
- Wikipédia — Martyrologe romain
- Nominis (Église catholique en France) — le saint du jour d'après le martyrologe
- Vatican II, Sacrosanctum Concilium, n° 92 c (révision des livres liturgiques)
Questions fréquentes#
Combien de saints contient le martyrologe romain ?
L'édition de 2004 compte environ 7 000 saints et bienheureux nommés, répartis sur les 366 jours, sans compter les groupes de martyrs comptés pour un. Ce n'est pas le nombre total des saints : ceux du Ciel sont innombrables.
Quelle différence entre le martyrologe et le calendrier ?
Le calendrier retient, pour chaque jour, la ou les célébrations liturgiques — environ deux cents dans le calendrier romain général. Le martyrologe liste tous les saints du jour, célébrés ou non : c'est le catalogue, le calendrier est la sélection.
Quand lit-on le martyrologe ?
Dans les monastères et les chapitres, chaque jour à l'office : on y annonce les saints du lendemain. Dans les paroisses, il sert de référence pour connaître le saint du jour.