Le calendrier des saints : romain, français, diocésain — les trois niveaux

Pourquoi le saint du jour diffère à Rome, en France et dans votre diocèse : calendrier romain général, propre de France, calendriers diocésains, prénoms.

Romain Croisade 4 min

Le calendrier des saints

Il n'y a pas un calendrier des saints, mais trois qui s'emboîtent : le calendrier romain général, commun à toute l'Église latine ; le calendrier propre de chaque pays ; le calendrier diocésain. À quoi s'ajoute, hors de l'Église, le calendrier des prénoms qu'on trouve sur les almanachs. C'est pourquoi le saint du jour n'est pas toujours le même selon la source — sans que personne se trompe.

En bref

Romain général : ~200 célébrations, valable partout (1969, mis à jour depuis) · Propre à la France : ajoute une trentaine de saints (Rémi, Jeanne d'Arc, Bernadette…) et change quelques dates · Diocésain : le patron, la dédicace, les saints locaux · Martyrologe : tous les autres · Prénoms : usage civil, sans autorité ecclésiale

Le calendrier romain général#

Publié en 1969 et régulièrement complété, il retient, pour chaque jour, les célébrations que toute l'Église latine fait ensemble : les fêtes du Seigneur et de Marie, et environ deux cents saints choisis pour leur importance universelle, avec une préférence pour la répartition entre les siècles et les continents. La règle de 1969 : fêter chaque saint, autant que possible, le jour de sa mort — son « jour de naissance au Ciel ». Depuis, les papes y ajoutent : Padre Pio, Faustine, Jean-Paul II, Jean XXIII, Paul VI, Marie-Madeleine élevée au rang de fête en 2016.

Le calendrier propre à la France#

Chaque conférence épiscopale ajoute au calendrier général les saints de son pays, avec l'approbation de Rome. Le propre de France compte une trentaine de célébrations : saint Rémi le 15 janvier (et le 1er octobre), sainte Geneviève le 3 janvier, sainte Bernadette le 18 février, saint Yves le 19 mai, sainte Jeanne d'Arc le 30 mai (fête), les martyrs de Lyon le 2 juin, saint Irénée, saint Louis, saint Vincent de Paul, sainte Thérèse comme patronne secondaire, saint Martin le 11 novembre élevé au rang de fête. Il peut aussi déplacer une date pour éviter un temps liturgique fort.

Le calendrier diocésain#

Chaque diocèse a le sien : le patron principal (solennité), la dédicace de la cathédrale, et les saints locaux — évêques fondateurs, martyrs du lieu, bienheureux du pays. Sainte Geneviève est solennité à Paris ; saint Martin, solennité à Tours ; saint Pothin et sainte Blandine, fête à Lyon. Une paroisse ajoute encore son titulaire. Pour tous les autres saints, on se reporte au martyrologe, qui les nomme tous.

Le calendrier des prénoms#

Le calendrier des postes, les almanachs et les sites de « fête du jour » ne dépendent d'aucune autorité d'Église. Ils suivent en général le martyrologe, mais avec des choix éditoriaux anciens : Vincent le 22 janvier (Vincent de Saragosse) et non le 27 septembre ; Catherine le 25 novembre (d'Alexandrie) et non le 29 avril (de Sienne) ; Louise le 15 mars, ancienne date de Louise de Marillac. D'où des différences entre le saint « liturgique » et le prénom « fêté » — ce site donne toujours les deux.

Exemples#

Sainte Bernadette : 16 avril à Rome, 18 février en France. Saint Martin : mémoire dans le calendrier général, fête en France, solennité à Tours. Sainte Geneviève : absente du calendrier général, présente dans le propre de France, solennité à Paris. Saint Christophe : retiré du général en 1969, mais fêté le 25 juillet là où le culte demeure.

Ce qu'on croit à tort#

Un saint absent du calendrier général n'est pas « supprimé » : il est dans le martyrologe et peut être fêté localement. Le calendrier des prénoms ne « se trompe » pas quand il diffère de la liturgie : il suit une autre tradition. Et le saint du jour, quand plusieurs se partagent la date, est celui que le calendrier en usage retient — les autres restent au martyrologe.

Pour aller plus loin#

Articles connexes#

Sources#

Questions fréquentes#

Pourquoi le saint du jour diffère-t-il selon les calendriers ?

Parce qu'il y a trois niveaux : le calendrier romain général, valable partout ; le calendrier propre à chaque pays, qui ajoute ses saints ; le calendrier diocésain, qui ajoute les siens. S'y ajoute le calendrier civil des prénoms, qui suit ses propres traditions.

Pourquoi sainte Bernadette est-elle fêtée le 18 février en France et le 16 avril ailleurs ?

Le 16 avril est le jour de sa mort, retenu par le calendrier romain. La France a choisi le 18 février, jour de la troisième apparition, pour ne pas tomber en Carême ou dans le temps pascal.

Qui décide des prénoms fêtés sur le calendrier des postes ?

Aucune autorité d'Église : c'est un usage éditorial, hérité des almanachs, qui suit en général le martyrologe mais choisit parfois une date locale ou un saint homonyme différent.

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