Solennité, fête, mémoire : les rangs des célébrations
Pourquoi saint Joseph a une solennité, saint Luc une fête et saint Martin une mémoire : les quatre rangs du calendrier, ce qui change à la messe.

Toutes les célébrations du calendrier n'ont pas le même poids. L'Église distingue quatre rangs : la solennité, la fête, la mémoire obligatoire et la mémoire facultative. Le rang dit l'importance de la célébration, ce qu'on chante à la messe, et qui l'emporte quand deux dates se rencontrent. Voici la règle, fixée en 1969.
En bref
Solennité : Gloria + Credo, premières vêpres la veille, prime sur le dimanche du temps ordinaire · Fête : Gloria, un seul jour, cède devant le dimanche · Mémoire obligatoire : textes propres du saint, obligatoire · Mémoire facultative : même chose, au choix · Depuis : Normes universelles de l'année liturgique, 1969 · Au-dessus de tout : le Triduum pascal
Les quatre rangs#
La solennité est le rang des plus grands mystères et des plus grands saints : Noël, l'Épiphanie, l'Ascension, la Trinité, le Corps du Christ, le Sacré-Cœur, le Christ-Roi ; Marie Mère de Dieu, l'Annonciation, l'Assomption, l'Immaculée Conception ; saint Joseph, la Nativité de Jean-Baptiste, saints Pierre et Paul, la Toussaint. Elle commence la veille au soir par les premières vêpres, comme un dimanche ; la messe a le Gloria et le Credo. La fête honore les apôtres, les évangélistes, les archanges, les grands martyrs, certains mystères du Seigneur (Présentation, Transfiguration, Croix glorieuse) : Gloria sans Credo, un seul jour. La mémoire est le rang ordinaire des saints : on prend l'oraison et souvent les lectures du saint, le reste du jour courant. Elle est obligatoire pour les saints d'importance universelle — Martin, Augustin, Thérèse, Benoît — et facultative pour les autres.
D'où viennent les rangs#
Le missel de saint Pie V (1570) comptait une dizaine de degrés — doubles de première classe, doubles majeurs, semi-doubles, simples —, si enchevêtrés que les saints avaient fini par recouvrir presque tous les dimanches. Pie XII simplifie en 1955, Jean XXIII en 1960. La réforme de 1969, après Vatican II, réduit à quatre rangs, restaure la primauté du dimanche et du temps liturgique, et allège le calendrier : beaucoup de saints passent de fête à mémoire, ou du calendrier général au martyrologe.
Quand deux célébrations se rencontrent#
Une table des jours liturgiques classe tout : Triduum pascal, puis Noël, Épiphanie, Ascension, Pentecôte, dimanches d'Avent, de Carême et de Pâques, mercredi des Cendres, Semaine sainte ; puis les solennités ; puis les fêtes ; puis les dimanches ordinaires, qui l'emportent sur les fêtes de saints mais pas sur les solennités ; puis les mémoires. Un saint qui tombe un dimanche de Carême est simplement omis cette année-là. Les solennités empêchées par un dimanche majeur sont reportées au lundi : l'Annonciation, quand le 25 mars tombe en Semaine sainte, migre après l'octave de Pâques.
Les solennités propres#
À côté des dix-sept solennités générales, chaque lieu a les siennes : le patron principal du diocèse, de la ville ou de la paroisse ; le titulaire de l'église ; l'anniversaire de sa dédicace ; pour un ordre religieux, son fondateur. Ainsi sainte Geneviève, simple mémoire dans le martyrologe, est solennité à Paris ; saint Martin, mémoire pour le monde, est fête en France et solennité à Tours.
Exemples#
Saint Joseph a une solennité (19 mars) ; saint Pierre, une solennité avec Paul (29 juin) et une fête pour sa Chaire (22 février) ; sainte Blandine, une mémoire facultative avec les martyrs de Lyon ; sainte Thérèse, une mémoire obligatoire ; la Toussaint est une solennité, le jour des Morts un rang à part qui prime même sur le dimanche.
Ce qu'on croit à tort#
Le rang ne mesure pas la sainteté : saint Joseph n'est pas « plus saint » que sainte Thérèse, il est plus central dans le mystère du salut. « Fête » n'est pas le mot générique : au sens strict, c'est le deuxième rang. Et une mémoire facultative n'est pas un saint mineur : c'est un saint dont le culte n'est pas universel.
Pour aller plus loin#
- Le calendrier des saints : romain, français, diocésain
- Le martyrologe romain — pour les saints sans rang au calendrier
- Qu'est-ce qu'un martyr ? — le rouge des fêtes de martyrs
Articles connexes#
- La Toussaint, fête de tous les saints — une solennité.
- L'Avent, quatre semaines pour attendre — un temps liturgique, qui prime sur les mémoires.
- Saint Pierre, le pêcheur devenu roc — solennité et fête.
- Tous les saints de A à Z
Sources#
- Présentation générale du Missel romain (vatican.va)
- Wikipédia — Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969)
- AELF — calendrier liturgique de l'Église en France
Questions fréquentes#
Quelle est la différence entre une fête et une solennité ?
La solennité est le rang le plus élevé : elle a le Gloria et le Credo, commence la veille au soir et l'emporte sur le dimanche ordinaire. La fête a le Gloria mais pas le Credo, dure un seul jour et s'efface devant le dimanche.
Qu'est-ce qu'une mémoire facultative ?
Une mémoire de saint que le prêtre peut célébrer ou non, selon la dévotion du lieu. La mémoire obligatoire doit l'être. Toutes deux se célèbrent de la même manière, avec les textes propres du saint.
Combien y a-t-il de solennités dans l'année ?
Dix-sept dans le calendrier romain général, dont les dimanches de Pâques et de Pentecôte, plus les solennités propres : le patron du lieu, la dédicace de l'église, le titulaire.