Les reliques : classes, authenticité, vénération — ce que dit l'Église

Reliques de première, deuxième et troisième classe, authentiques, interdiction de vente, sens de la vénération : ce que l'Église enseigne.

Romain Croisade 4 min

Les reliques : ce que dit l'Église

Une relique est ce qui reste d'un saint : son corps ou une partie de son corps, un objet qu'il a touché, un objet touché à ces restes. L'Église les vénère depuis les catacombes, parce que le corps du chrétien est temple de l'Esprit et promis à la résurrection. Elle encadre strictement leur authenticité, interdit leur vente, et distingue absolument la vénération de la superstition.

En bref

Classes : 1re (corps), 2e (objets du saint), 3e (objets touchés à une relique) · Authentique : document scellé obligatoire pour le culte public · Vente : interdite (canon 1190) · Sens : vénération (dulie), jamais adoration · Plus ancien témoignage : le martyre de saint Polycarpe, vers 155

Ce qu'est une relique#

Le mot vient du latin reliquiae, « restes ». L'Église distingue trois classes. Les reliques insignes ou de première classe sont le corps entier, la tête, un membre, ou ce qui reste du corps après le martyre. Les reliques de deuxième classe sont les objets que le saint a portés ou utilisés : la chape de saint Martin, la tunique de saint François, les instruments d'un martyre. Celles de troisième classe sont des objets — étoffes, images — mis en contact avec une relique de première classe : ce sont celles qu'on distribue aux fidèles.

D'où vient la vénération#

Le plus ancien récit de martyre conservé, celui de saint Polycarpe vers 155, se termine ainsi : les chrétiens de Smyrne recueillent ses ossements, « plus précieux que des pierres de prix », et se réunissent sur sa tombe chaque année. Le principe est là tout entier : le corps du saint a été temple de l'Esprit et ressuscitera ; le vénérer, c'est honorer ce que Dieu a fait en lui. Au IVe siècle, les basiliques s'élèvent sur les tombes ; au Moyen Âge, chaque autel doit contenir une relique, et les pèlerinages — Compostelle, Tours, Conques — se font vers des corps saints. Le concile de Trente confirme la pratique contre la Réforme, en condamnant les abus.

Ce que l'Église exige#

Chaque relique exposée au culte public doit être accompagnée d'un authentique : un document scellé, signé par un évêque ou par le postulateur de la cause, décrivant son origine. Le reliquaire est scellé de fils et de cire ; briser le sceau annule l'authentique. Le code de droit canonique interdit absolument la vente des reliques (canon 1190) et soumet leur transfert à l'autorisation du Saint-Siège pour les reliques insignes. Une instruction de 2017 précise la procédure de reconnaissance et de conservation lors des procès de canonisation. Le fidèle qui trouve une relique sans authentique ne doit ni la vendre ni la jeter, mais la remettre à un prêtre.

Le sens de la vénération#

On ne prie pas un os : on prie le saint, dont l'os rappelle la présence. Toucher une relique, la baiser, allumer un cierge devant elle sont des gestes de dulie — la vénération due aux saints —, jamais d'adoration. Le catéchisme range la vénération des reliques parmi les formes de la piété populaire, à « éclairer par la foi ». L'Église a toujours combattu deux excès : le trafic et la crédulité, qui ont fait multiplier au Moyen Âge les « clous de la Croix » ; et le mépris, qui oublie que le christianisme est une religion du corps.

Exemples#

Le tombeau de saint Pierre, fouillé sous la basilique vaticane, est la relique fondatrice de Rome. La châsse de sainte Geneviève a été portée en procession dans Paris pendant douze siècles, avant d'être brûlée en 1793. Les reliques de sainte Thérèse voyagent de pays en pays depuis 1994, et les foules qui les accueillent montrent que la pratique n'a rien perdu.

Ce qu'on croit à tort#

Une relique n'est pas un talisman : elle n'a aucun pouvoir propre. « Corps incorrompu » ne signifie pas « miraculeusement intact » : l'Église constate un état de conservation, elle n'en fait pas un dogme. Et les fausses reliques du passé ne discréditent pas les vraies : c'est précisément pour les distinguer que l'authentique existe.

Pour aller plus loin#

Articles connexes#

Sources#

Questions fréquentes#

Quelles sont les trois classes de reliques ?

Première classe : le corps du saint ou une partie. Deuxième classe : un objet qu'il a utilisé — vêtement, livre, instrument de son martyre. Troisième classe : un objet mis en contact avec une relique de première classe.

Peut-on acheter une relique ?

Non. Le droit canonique interdit absolument de vendre des reliques sacrées ; on ne peut que les recevoir ou les transférer avec autorisation. Une relique vendue perd son authentique.

Comment sait-on qu'une relique est vraie ?

Par l'authentique : un document scellé, signé par l'autorité ecclésiastique, qui accompagne la relique et décrit son origine. Sans lui, elle ne peut pas être exposée au culte public.

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